Mais cette année,
"au vu des programmes qui se profilent dans la plupart des maisons d'édition, il y a fort à parier que le niveau sera beaucoup plus faible, sans doute une cinquantaine, tout au plus. Fayard, Buchet Chastel, Le Cherche Midi, Minuit, Plon, Verticales n'en publieront aucun. Les autres (Gallimard, Seuil, Grasset, Stock, Actes Sud, Albin Michel, Julliard, Flammarion...) se contenteront, à eux tous, de dix premiers romans."
Les héritiers de l'écrivain Pierre Boulle (1912-1994) ont fait don à la Bibliothèque nationale (BNF) de l'ensemble de ses manuscrits, parmi lesquels ceux du "Pont de la rivière Kwaï" et de "La planète des singes", a indiqué la BNF lundi dans un communiqué. (...)La démocratisation de la littérature est en marche ? Si les auteurs de genres entrent en grande pompe à la BNF...
Une série d'enregistrements sonores dans lesquels l'écrivain évoque ses souvenirs de guerre a également été cédée à la BNF.
Autant dire qu'en France, elle est une vraie référence en matière de littérature américaine, et que c'est pour cela que Christian Bougois n'hésite pas à sortir ses deux derniers livres en même temps : Rêves de Garçons et A moi pour toujours.
Le premier parle de trois adolescentes qui pour avoir été trop midinettes se retrouvent aux prises avec deux garçons pour le moins dangereux et le second d'une femme qui en acceptant les billets doux d'un admirateur secrets mais bien plus en péril que son mariage.
Du Kasischke tout craché.
Héloïse d'Ormesson a mis à disposition de ses auteurs un vaste appartement au coeur du Ve arrondissement de Paris. Moins grand que la Villa Médicis, mais plus près de Saint-Germain- des-Près.
Le Petit Larousse attend le résultat de l'élection présidentielle.C'est y pas mignon tout plein, cette peur affichée de déplaire au futur élu.
Les éditions Larousse attendent le résultat de l'élection présidentielle pour lancer l'impression du Petit Larousse 2008 et faire figurer le nom du futur chef de l'Etat dans la nouvelle édition du dictionnaire, a indiqué mercredi la maison d'édition.
"Dès le lendemain des élections, l'article +France+ sera mis à jour avec le nom du vainqueur du second tour", écrit-elle dans un communiqué. "Pour la 1ère fois, une planche illustrée avec tous les portraits dessinés des présidents de la Ve République sera éditée", souligne Larousse en précisant que "deux versions différentes sont déjà préparées".
Accusation qui est à mourir de rire, lorsque l'on sait de source sûre (en l'occurence moi, mon ex-patronne et le logiciel de comptage des ventes réelles, après retour des libraires, de livres de chez Belfond), que les éditeurs mentent eux-même sans vergogne sur les ventes de livres.
Chose assez stupide me direz-vous, car quel est l'intérêt de diminuer de 30 000 exemplaires le chiffre de vente d'un best-seller comme le dernier Douglas Kennedy (qui en était à plus de 200 000 exemplaires vendus en juin dernier) ? Si ce n'est pour essayer de dire que même les best-sellers se vendent mal, maintenant : ce qui est en totale contradiction avec l'accusation actuelle des éditeurs :
"Les signataires, avec à leur tête Bernard Fixot, PDG des Éditions XO, accusent le magazine et Ipsos de « noircir de manière inexacte le tableau » et « d'une méconnaissance du marché ». Selon eux, les quinze meilleures ventes sont sous-évaluées d'un million d'exemplaires par Ipsos."Tel est pris qui croyait prendre...
- les 10 meilleurs livres de l'année selon le New York Times et les 100 "notables" (que j'aime l'understatement involontaire...) dont un Stephen King et une certaine possibilité d'une île (de quoi avoir envie de renoncer à fumer la moquette quand on voit les résultats que ça donne),
- les choix des journalistes du Guardian et de quelques auteurs invités (dont David Eggers, on se demande bien pourquoi il existe encore des gens pour penser que c'est un écrivain),
- les livres les mieux notés par la critique en 2006 selon Metacritic, un site qui compile les critiques littéraires et en ressort une estimation chiffrée sur la valeur de livre (moins barbare que ça en a l'air), et le gagnant est... Suite française (sic)
- ... Et plein d'autres listes en anglais ici. Pour les listes françaises des meilleures livres, il faudra attendre le déluge.
- La littérature française brûlent-elle ? La France vient de récompenser quatre auteurs non-français écrivant en français. Horreur ! Shocking ! La France s'en relèvera-t-elle ? Le New York Times ouvre le débat (PDF).
Blague mise à part, les prix littéraire cette année m'ont fait plaisir, et ce n'est pas peu dire.
- Les Editions tristam ont 20 ans : mini-interview des éditeurs.
- Consternant constat : les journalistes de Libération sont trop vieux pour comprendre le principe de NaNoWriMo (que j'ai moi-même lamentablement foiré cette année) :
«NaNoWriMo est entièrement basé sur le pouvoir magique des deadlines, expliquent les organisateurs. Donnez un but à quelqu'un, placez-le au sein d'une communauté de gens partageant le même objectif, et vous verrez des miracles se produire(bien que la presse quotidienne fonctionne selon ce principe, aucune apparition de la Vierge n'a encore été signalée dans les rédactions).- Un nouveau magazine littéraire dans vos kiosques. Bouh ! qu'il est moche ! Sans parlé des sujets proposés... A 5,90 Euros les secrets de Marc Lévy, je me mets à la diète de potins littéraires.
Deuxième Tour de piste :
--- Comment déminer son contrat d'édition : kit de survie à l'intention des auteurs naïfs, idéalistes et débutants.
--- Certains des auteurs sélectionnés pour des prix parlent de l'inspiration pour leur roman (Real Player obligatoire : il ya une transcription, mais bon tout l'intérêt du truc, c'est de les entendre). Passez-vous de Pepper d'Arvor, mais allez voir François Vallejo (qui m'a donné envie de lire son livre), Alain Mabanckou ou encore Vénus Khoury-Ghata, qui a des larmes dans la voix en parlant de l'origine autoiographique de son livre.
--- Les librairies indépendantes américaines contre-attaquent : un avant goût de l'avenir de la libraire traditionnelle en France ?
Via La Feuille
--- Une histoire en six mots : c'était le coup de maître d'Hémingway avec "A vendre : chaussures bébé, jamais portées." La magazine Wired a demandé à des auteurs de SF, de Fantasy ou d'Horreur de faire leur propre Very Very Short Stories :
--It cost too much, staying human.
Bruce Sterling
-- Gown removed carelessly. Head, less so.
Joss Whedon
-- Machine. Unexpectedly, I’d invented a time
Alan Moore
-- The baby’s blood type? Human, mostly.
Orson Scott Card
-- Kirby had never eaten toes before.
Kevin Smith
--Bang postponed. Not Big enough. Reboot.
David Brin
--Starlet sex scandal. Giant squid involved.
Margaret Atwood
-- There were only six words left.
Gregory Maguire
--- Thomas Pynchon a sorti un nouveau livre (pas encore disponible à la vente, mais les journalistes l'ont déjà). Comme toujours avec Pynchon, la plupart des livres envoyé aux critiques ont été marqués au fer rouge, pour ne pas se disperser dans la nature. Petite overview. Si certains sont près à cessé de manger pour le lire, d'autres sont beaucoup moins enthousiastes.
--- Larry Brown, auteur sudiste, de vrais faux polars sudistes, donc, très apprécié en France : son oeuvre posthume commence enfin à être publiée.
--- En parlant d'oeuvre posthume : l'oeuvre intégrale de Darwin est maintenant disponible sur le web. Pas trop tôt !!
the site would include previously unpublished manuscripts and notebooks. "One of these, the notebook in which Darwin recorded his immediate thoughts on the Galapagos, was stolen in the early 1980s and is still missing, but the text has been transcribed from microfilm," said Dr van Wyhe.
"Most of the materials provided are appearing online for the first time, such as the first edition of the Journal of Researches (1839) (or Voyage of the Beagle), The Descent of Man (1871), The Zoology of the Voyage of HMS Beagle (1838-43) and the 2nd, 3rd, 4th and 5th editions of the Origin of Species."
A vu de nez, non. Mais il ne faut jurer de rien. Il s'en est passé des choses en mon absence, qui mérite un ou deux tours de piste. Attention, Prise 1 :
--- Orhan Pamuk a eu le prix Nobel de littérature. Ce n'est pas un scoop, si vous ne le savez pas, c'est probablement que vous vivez en Turquie. Ce qui est plus ou moins nouveau, c'est qu'en plus d'être frileux (Pamuk était présentit pour le Nobel l'an dernier, mais à ce moment-là, il était en procès avec le Mémoire Historique Turque), les jurées du prix Nobel sont hypocrites : Pamuk a été lavé de toute injure, vite vite, récompensons-le !! Ca craint pour ce pauvre Pamuk.
--- Un site que je ne connaissait pas, qui interview entre autres les petits éditeurs qui sauve l'édition de la débacle : bonheur !
Chez Gaïa, par exemple, on se bat bec et ongles pour ses auteurs, pas comme dans les grandes maisons d'édition :
il est dommage aussi de voir un éditeur français publier un ou deux livres d’un auteur puis ne pas donner suite, soit parce que l’éditeur part vers une autre enseigne, soit parce le marché n’est pas au rendez-vous, car il faut que ça marche vite pour continuer… Cela s’est vu plusieurs fois. Ces changements entre grandes maisons d’édition peuvent énormément pénaliser un auteur, tout comme l’arrêter au bout d’un ou deux livres : peu d’éditeurs se risqueraient à le reprendre au vu de l’échec du précédent. Je pense à un auteur comme Ib Mikael, publié par Actes Sud et Christian Bourgois : c’est un des écrivains danois les plus connus et populaires, mais son œuvre n’a pas eu toute la chance qu’elle méritait en France. On a l’impression que nul ne peut maintenant reprendre le flambeau : c’est trop tard, l’œuvre est désormais émiettée…
C’est donc un point important pour une petite maison d’édition comme Gaïa. Et nous insistons là-dessus auprès des éditeurs nordiques : ils voient bien d’ailleurs que nous suivons nos auteurs, que nous n’abandonnons pas si ça ne marche pas au bout de la deuxième ou troisième publication. Voyez Leif Davidsen : depuis toutes ces années qu’on le publie, il ne trouve toujours pas son public en France ni d’éditeur en poche, car il est trop à cheval entre la littérature et le suspense ! Or au Danemark, c’est un des auteurs qui se vend le plus, et cela depuis des années.
A voir aussi, Métaillier, Encre Marine, Alternatives,...
Via Cunéipage
--- Quand on vit sans journaux, avec pas assez de temps pour Internet et juste la télé, on s'aperçoit que même le plus grand succès de librairie, encensé par les critiques, bla bla bla, peut vous échapper.
Je suis donc arrivée après la bataille, et je vous annonce qu'un roman de 900 pages, bien glauque, écrit par un américain plutôt bien de sa personne, fils d'un auteur américain connu, est sorti dans l'indifférence la plus totale. Il n'a remporté aucun prix littéraire, n'a été sélectionné par aucun, et n'est pas devenu un
Moi, j'attendrai que le buzz soit retombé pour le lire. Na !
--- La Foire de Francfort a fait son show habituel, c'est-à-dire rien, même pas une petite larme de nostalgie au 13 heures de TF1. Pourtant, c'est là que s'achète tous les bons et très mauvais livres que vous boufferez en 2007. Pourtant cette année, la star de Francfort, c'était un roman français. Enfin, oui... non. C'est un roman écrit en français, certes, mais par un américain (ceci explique aussi cela). Et oui, ce sont Les Bienveillantes qui ont veillé à la grand messe (de l'allemand Buchmessse, si ce n'est pas un jeu de mot trop facile, ça...) de l'édition, même si le succès en était eventé avant même le début de la foire.
Il y avait aussi de la BD à Francfort, on n'en parle jamais assez.
Et l'Inde, invitée de cette année, s'en est, dit-on, pas mal tirée.
Et enfin, le petit bout de la lorgnette de l'éditeur, c'est celui des éditions Héloïse d'Ormesson sur leur blog (tenu principalement par son mari) :
Francfort démarre vraiment! Au bar de l'hôtel, le gratin de l'édition mondiale en train de fêter ses retrouvailles au Cognac, au Whisky et moi... à la Vodka Absolut (beaucoup... )! Très sympa, chaleureux, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles (en dehors de ce que vous savez...) et là, quoi... Au bout de... 5 minutes... On parle de livres, de littérature, des succès et des goûts des uns et des autres. Et nous continuons à boire et à fumer des cigares. Pendant des heures. On ne s'en lasse pas! Je vais vous dire un truc, l'édition, on ne gagne pas de pognon mais vraiment on se marre et, ces amis, les livres, le cigare et la vodka, pendant quelques heures, ont atténué ma peine.
Et ce n'est pas de la littérature...!
Voir aussi : là, ici, et par là.
--- Toujours chez L'Héloïse : pour ou contre la "ligne éditoriale" des éditeurs ?
Perso, je suis farouchement contre : ça commence par une ligne éditoriale, et ça se termine par un ligne light. Un peu de diversité, de folie, que diable !!
--- La fan-fiction (encore) à l'assaut du monde (encore ? ). Ou pas.
--- Pourquoi est-il difficile de traduire en français des romans écrits en anglais africains (mais ça marche aussi pour tous les accents anglo-saxons intraduisibles) ?
Translating The Road was a challenge that she took up with her Burkinabe colleague and friend, Samuel Millogo. At that time, one of the problems was: how can one translate pidgin English into French?
“For sure, we wanted to do away with easy colonial stereotypes (such as the use of what is called "petit nègre" in French), and to find an equivalent variety of colloquial French that also existed linguistically in Francophone West Africa. Samuel who had spent a year at the University of Ibadan, was familiar with pidgin English, and had worked as a schoolteacher in Abidjan. So we used a rough equivalent known as ‘Français Populaire d'Abidjan’, a lingua franca used in Abidjan, and which was also transcribed in newspapers or used in comic strips, similar to the way pidgin English is used in Nigeria,” she says. [...]
As a French person translating into a language which is neither stressed, like English, nor tonal, like Yoruba, there is a problem when it comes to recapturing the musicality of the original as well as its meaning. Steven Arnold, the Canadian scholar, said that Niyi Osundare is not an anglophone poet, he is a Yoruba poet who writes in English. So, when I translate, I also try to capture that difference between say, British English and Yoruba English, and to render that edge of strangeness that clings to it.”
Et pourquoi il faut que ce soit dans un tabloïd nigérien (un tabloïd !!!!!) que je trouve ce genre d'article, et non pas dans la rubrique livres du Monde ou du Nouvel Obs ?

