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    MoorishGirl est déçue que L'Hibiscus pourpre ne fasse pas partie de la sélection définitive du (Man) Booker Prize, mais en fait, c'est très logique.
    Distillons un brin de cynisme dans le cocktail si pur et naïf des Prix Littéraires (avec majuscules obligatoires, je vous pris) : n'importe quel écrivain mâle peut-être sélectionné pour un prix littéraire, personne ne se pose la question, les hommes écrivent, point. Mais quand une femme écrit (et surtout est publiée, pourcentage d'heureuses mortelles infiniment inférieur à celui des heureux mortels), elle est obligatoirment déjà cataloguée : une femme écrivain, par nature, rentre déjà dans une pré-catégorie, celle de l'"écriture féminine", marronnier devenu incontournable dans ce milieu. Ecriture masculine ? Essayez pas de jouer au plus fin, ça va vous retomber dessus.
    Pour arriver à un prix littéraire, une femme doit passer par tellement de catégories, d'obstacles, et de jugements à l'emporte-pièce que les heureuses élues appelées à la grâce ultime peuvent non seulement se compter sur les doigts de la main, mais sont aussi, bien sûr, prévisibles longtemps à l'avance.

    Prenons l'exemple du Booker : tout d'abord, on ne peut pas sélectionner plus de deux femmes au Booker. C'est un fait, ça ne peut pas arriver : faute de combattantes mortes au combat. (L'an dernier est une exception, mais vu qui ils ont récompensé, on peut considérer que les jurés ont tiré aux dés leur sélection et leur gagnant) Ensuite, le choix est très réduit : c'est

    - soit la très célèbre auteure, avec une réputation dépassant les frontières du monde connus, que l'on célèbre au fin fond du Kurdistan comme une désss tutélaire et qui a déjà été sélectionnée pour le prix au moins une bonne dizaine de fois (Margaret Atwood) ;

    - soit la REVELATION de l'année, celle dont le livre a emporté l'adhésion des critiques avant même d'avoir été publié, avant même d'avoir été lu, avant même qu'elle ait écrit son bouquin -- si elle est originaire de l'immigration, c'est enore mieux, c'est une super-gagnante, une femme qui a donc forcément surmonté plus d'obstacles qu'il n'est humainement possible d'en supporter en mille vies (Monica Ali) ;

    - soit l'auteur d'un premier roman, parce qu'un premier roman, c'est formidable aussi, parce qu'une femme n'est jamais aussi bonne que lorsqu'elle écrit la première fois, elle a la grâce, la Barraca, après elle le perd, c'est comme pour le gamin, le premier est toujours le plus mignon, celui qu'on prend quinze mille fois en photo, qu'on chouchoute, dorlote, adore, divinise (les suivants ce sont des gamins, quoi, tout le monde peut faire pareil, pour qui elle se prend cette conne, pour Dieu le père ? : des gamins -- des bouquins -- tout le monde peut en faire, et à la pelle), mais attention, il faut que ce roman soit sur un sujet grâve, un sujet fort, un sujet plombant, déprimant, comme une mère qui perd son bébé (Clare Morrall). Attention, les sujet un peu originaux, les genres (fantastiques, policier, etc.) sont formellement interdits : ça ne se discute même pas ;

    - soit c'est une femme qui a écrit LE roman bizarre, LE truc-là, qui est soit particulièrement innaccessible, soit particulièrement bizarre pour une nana, les sujets dits non-féminins sont un must, comme par exemple, le tatouage, sujet on ne peut plus éloigné des préoccupations de toute femme qui se respecte (Sarah Hall, seule sélection féminine de cette année).

    Alors non, Chimamanda Ngozi Adichie ne pouvait pas être sélectionnée pour L'Hibiscus pourpre : elle ne réunissait pas assez de critères de sélection. Pas de succès pré-publication, pas un sujet assez déprimant (éh oui, il y a de l'espoir dans l'Hibiscus pourpre), pas assez glauque. C'est rédibitoire, ces manques-là.

    Ah, ce que c'est dur d'être une femme dans ce monde de brutes.
    Ecrit par Heileen, à 11:32 dans la rubrique "Littérature générale".



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