Batailles de vieilles chattes
Je pourrais vous dire que Nancy Houston a gagné le prix Fémina de cette année, et qu'à force, elle va finir par pluys pouvoir les compter ses prix littéraire, ou que le Médicis est allé à Sorj Chalandon, et qu'il me suffit de lire l'ode de Donnedieu de Vabre pour savoir que je n'ai pas envie de le lire : "Chalandon réussit à rendre sensible le
mystère, la gravité secrète et sacrée d'une lointaine promesse
d'enfance faite par tous à Etienne et Fauvette et qui, si elle était
réalisée, pourrait déjouer tous les dangers. Mais, à travers
l'évolution, les variations, les changements opérés sur le corps de
cette promesse, au fil des années, c'est aussi un magnifique roman sur
le temps, sur la tentation de renoncer, sur la fraternité qui permet de
résister à l'usure des serments, sur la lumière tenace de la fidélité
aux autres et à l'amour qui s'oppose à la mort". Oui, en effet.
Non, moi, je suis muvaise mauvaise mauvaise méchante, ce qui m'intéresse, ce sont les boires et les déboires du Prix Femina. Madeleine Chapsal, jurée millénaire de l'institution centenaire, vient de se faire virer avec pertes et fracas pour ses propos "diffamatoires" dans son dernier livre. Entre querelles de récré, et larmes de crocodiles, ça vole très haut :
Du coup, Régine Desforges, qui devait en avoir sa claque de participer à ses conneries, a démissionné par solidarité :
Il faut savoir que ce n'est pas la première fois qu'une jurée se fait exclure du Fémina, mais c'est un secret bien gardé (je n'ai trouvé qu'une seule mention de cela sur le web) :
(Bon, ça fait deux fois que cet article disparait dans le néant du web, à la troisième, je cesse de coopérer...)
Non, moi, je suis muvaise mauvaise mauvaise méchante, ce qui m'intéresse, ce sont les boires et les déboires du Prix Femina. Madeleine Chapsal, jurée millénaire de l'institution centenaire, vient de se faire virer avec pertes et fracas pour ses propos "diffamatoires" dans son dernier livre. Entre querelles de récré, et larmes de crocodiles, ça vole très haut :
« Paris, 8 novembre 2005. Raconter une remise du prix Femina, le jour J, relève de lVia Le Figaro.'impossible, tant il se passe de petits faits et gestes entre douze dames, plus la secrétaire du prix, Anne de Caumont. [ ...] Six d 'entre elles avaient décidé mordicus et avant même d 'entrer en scène de voter pour Gallimard en faveur d 'Asiles de fous, de Régis Jauffret. Je n 'avais rien contre, mais c 'est ce côté « gang Alors a commencé la bagarre, ou plutôt le blocage : six d » qui m 'a énervée. Alors que je n 'avais aucun choix préconçu - mes candidats étant écartés : Michel Houellebecq, La Possibilité d 'une île, et Yasmina Khadra, L 'Attentat, repoussés d 'office par ces frileuses -, faute de mieux je me suis rabattue sur Donner et son Bang ! Bang ! 'il pouvait cristalliser des voix, cinq en fait. 'un côté, six de l 'autre, en fait cinq fermes pour Donner et une « flottante », Régine Deforges. Au sixième tour, Régine a changé son fusil d 'épaule et a voté avec les gallimardiennes, alors qu 'au septième tour de blocage la présidente, Solange Fasquelle, aurait eu deux voix, ce qui aurait pu changer la donne, au grand mécontentement des « alliées ». (Une tardive fureur s 'est ensuite manifestée contre Mona Ozouf, laquelle aurait promis de voter avec le « groupe » et qui ne s 'était pas exécutée : comme si on pouvait s 'engager sur un vote littéraire ! Chacune est et doit rester libre ; pour moi, je le suis totalement et j 'ai essuyé, ahurie, les larmes de Mona !). [ ...] Quant à Régine, après avoir défendu le supposé provocateur (NDLR : Houellebecq) avec beaucoup de verve et, semblait-il, de conviction, elle n 'a pas voté une seule fois pour lui ... À l 'énoncé du résultat : sept voix contre cinq, Viviane Forrester, assise à ma droite, a éclaté en applaudissements : « C'est un Femina historique ! » Est-ce qu 'on applaudit au nez et à la barbe de cons oeurs perdantes ? »
Du coup, Régine Desforges, qui devait en avoir sa claque de participer à ses conneries, a démissionné par solidarité :
"l'exclusion de Madeleine Chapsal est injustifiée". "Ces dames ont jugé diffamatoires des propos concernant les votes du Femina. J'ai lu le livre et il n'y a pas de quoi fouetter un chat", a-t-elle ajouté. Si elles se sentent "aussi visées, on peut se poser des questions", selon elle.Vous noterez au passage l'ironie involontaire de l'arcticle : "Madeleine Chapsal a été exclue" à l'unanimité". Un p'tit Alzheimer, Régine ?
Il faut savoir que ce n'est pas la première fois qu'une jurée se fait exclure du Fémina, mais c'est un secret bien gardé (je n'ai trouvé qu'une seule mention de cela sur le web) :
Dominique Rolin est exclue en 1965 du jury Femina à la suite d’un article retentissant dénonçant en des termes voisins les pratiques du Femina : « Notre groupe n’a qu’une existence fictive, les véritables opinions se nouant et se dénouant ailleurs. » C’est la grande époque où l’on surnomme le Femina le « prix Gallimard », et il est vrai que les statistiques sont sans équivoquePlus le monde de l'édition change, plus il se ressemble...
(Bon, ça fait deux fois que cet article disparait dans le néant du web, à la troisième, je cesse de coopérer...)
Ecrit par Heileen, le Lundi 30 Octobre 2006, 18:40 dans la rubrique Laissez-moi me marrer.

