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    http://www.lefigaro.fr/litteraire/20060309.LIT000000252_le_college_des_mauvais_augures.html

    Le collège des mauvais augures

    Agnès Séverin
    09 mars 2006
     
     Avec le sixième roman de ce Britannique d'origine japonaise, on pénètre dans l'univers d'un pensionnat où se cachent les pires expériences scientifiques.

    Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro, traduit de l'anglais par Anne Rabinovitch, Editions des Deux Terres, 440 p., 22 €.

    LES ROMANCIERS anglais ont toujours quelque chose de shocking. Les nostalgiques des Vestiges du jour, le roman porté à l'écran par James Ivory, ne s'attendent peut-être pas à lire de la science-fiction sous la plume de Kazuo Ishiguro. Il leur faut très vite oublier l'atmosphère feutrée de ce manoir resté à l'heure victorienne à l'aube de la dernière guerre, pour se plonger dans Auprès de moi toujours. Avec le sixième roman de ce Britannique d'origine japonaise, on renonce au confort de la fresque historique pour pénétrer un univers glacial et plus étrange. Comme toujours chez Ishiguro, le mystère se trame lentement, les nuages s'amoncellent chapitre après chapitre et le dénouement résonne soudain comme un coup de tonnerre : un de ces chocs dont la british fiction, célèbre pour son audace et ses mélanges épicés, a le secret. Mettre en scène les pires déviances de la science dans une prose de la facture la plus classique : c'est la routine pour l'un des meilleurs représentants de cette veine prolifique. 

     Le pensionnat de Hailsham n'a rien de futuriste à première vue. C'est l'un de ces lieux privilégiés où les rejetons de l'élite anglaise s'aiguisent l'esprit, et se forgent les muscles à grands coups d'avirons et battes de cricket. Même son isolement ne semble pas étonner les jeunes acteurs d'une tragédie qui ne se révèle qu'avec un violent coup de théâtre. «Ça peut paraître bête, mais vous devez vous souvenir que pour nous, à ce stade de nos vies, tout lieu situé au-delà de Hailsham était comme un pays imaginaire.» Ce ton direct et vivant, autre marque de fabrique du roman anglais, ménage longtemps une normalité apparente.

    Ici, les élèves ont des préoccupations d'enfants, puis d'adolescents, absorbés par les travaux manuels et de petits drames intimes dont ils sont seuls à saisir les enjeux. Les «petites et les grandes choses» qui font la vie d'un collège tissent la complicité et suffisent parfois à nouer des liens d'amitié pour la vie. Quand éclatera la vérité, ces souvenirs brilleront comme des soleils d'hiver dans les existences mornes de ces créatures sacrifiées à des causes qui les dépassent. Le culte du passé apparaît, une fois de plus, comme le seul salut possible pour le plus mélancolique des auteurs repérés par la revue Granta. Dans un monde où tout espoir s'est éteint, il reste toujours un ouvrage où consigner cet instant où «nous nous accrochions l'un à l'autre parce que c'était la seule façon de nous empêcher d'être balayés dans la nuit».



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